Les thématiques dans la musique urbaine féminine

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Sommes-nous les seuls à avoir remarqué que les thématiques dans la musique féminine ne varient pas beaucoup !?

Non, peut-être pas…

Commentaire d’une fan de CREOL sur le clip H20

C’est vrai que la voix douce, le cuire lisse et les formes voluptueuses peuvent détourner l’attention sur le sujet mais quand on y repense en toute lucidité, les chansons de nos divas tournent souvent autours des mêmes sujets.

Si ce n’est pas un aveu sur une Affaire de boy ou une envie de performance de Bonobo, c’est la go d’à côté qui a fait les Gbés Gbés Gbés parceque c’est la Tchiza qui a serré serré le gars d’autrui qui est pourtant allé Jusqu’à la gare avec sa titulaire.

C’est tout à fait réducteur de s’appuyer sur quelques titres cités à la volée pour se prononcer et c’est pourquoi nous ne nous limiteront pas à ce sarcasme.
Nous allons faire une petite étude statistique (mais vraiment toute petite hein, les chéries n’aiment pas trop les calculs), avec 10 sorties de ces deux dernières années publiées sur notre plateforme qui nous serviront d’illustrations:

Enquête !

SHAN’L – Tchizambengué

MK – -man

CREOL – H20

GRETA MENGUE – Afrobeat

AMLY – Je veux t’aimer

SLY’A – Appelle moi

ARIELLE T – Mama Africa

TINA feat QUEEN FUMI – Affaire de boy

OLIVIA PITHER – Pas Touche 

YENA BLUE – Jamais assez

Nous avons donc un échantillon de 10 morceaux parmi lesquels 8 titres, soit 80%, tournent autour des relations Hommes-femmes à l’exception du « Mama Africa » d’ARIELLE T et de « Afrobeat » de GRETA MENGUE.

Je veux t’aimer, H20 , Appelle moi et Pas touche, 4 titres soit 40%, sont des appels à l’amour, sujet préférentiel de la gente feminine.

Quand Tchizambengue, Fé Man, Affaire de Boy , Jamais assez, 4 titres autres soit 40%, traitent de situations délicates de couples, entre autre la tromperie, l’escroquerie et certaines ruptures difficiles à oublier.

« Mama Africa » qui redonne à la terre mère ses lettres de noblesses et « Afrobeat » qui évoque une certaine dépravation de mœurs sur un remix OLIVER NGOMA, sont les 2 titres qui font 20% de sujets distincts de ce qui domine dans le lot.

Ainsi, 8 chansons sur 10 sont consacrées aux éternels rapports entre Adam et Eve qui n’en finissent jamais (aussi proche de l’apocalypse que nous sommes) et seulement 2 sont d’intérêt communautaire.

Questions !

Donc les mutilations génitales sur les femmes, le cancer du sein et col de l’uterus, la mortalité infantile, les grossesses précoces, la dépravation de la progéniture, les crises sociopolitiques et économiques, les discriminations professionnelles…

Tout ça ne compte pas hein!?

Pourtant il nous est déjà arrivé débattre avec des femmes qui fustigeant le fait qu’elle soient souvent chosifiées par la genre masculine dans la musique.

Ce sont donc les hommes qui doivent toujours les valoriser quand elles ne le font qu’occasionnellement ?
Si des grosses pointures comme SHAN’L, CREOL, SLY’A et TINA obéissent à une direction artistique bien huilée. N’est-il pas raisonnable de faire différemment d’elles pour ne pas être de suite catégorisée?

Bref…

La musique se fait au feeling, on veut bien mais la musique doit être commercialisable, il y’a donc plus de calculs que de feeling. Dans le cas contraire ce sont des sujets d’intérêt général qui domineraient dans la mesure où la préoccupation première ne serait pas d’approcher le marché en vendant le cliché marketing qu’on s’est fait de la femme.

Les femmes sont plus nombreuses en Afrique et pas besoin de rappeler qu’elles sont particulièrement persuasives à l’endroit du public. En réalité, la Femme a le pouvoir. Non, la Femme est le pouvoir car avec un grand homme, il y’a généralement une grande femme. Autant d’atouts qui rendent son art particulièrement impactant mais qui restent malheureusement assez mal exploités.

La Femme dans la globalité est en grande partie garante de l’éducation d’une population, parallèlement à son rôle dans la cellule familiale. Il serait peut être temps qu’elle assume aussi ce rôle dans la musique urbaine. Car transmettre dans sa musique un message, une idéologie, une moralité différente de ce qui est transmis à la maison peut être désorientant pour les plus jeunes et reste dévalorisant pour les adultes qui n’ont pas pour préoccupation d’analyser la rhétorique de la musique urbaine.

Bon c’est vrai que les relations amoureuses sont la base de la procréation. Mais si on évaluait la contribution de la musique dans la prolifération des 7 milliards d’âmes que nous sommes sur terre, sa proportion serait certainement négligeable.

Bon là on va parler terre à terre. Les filles arrêtez ce que vous faites là!

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Jeune passionné de hip hop, il met sur papier son avis à propos des sujets liés à la culture urbaine.

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