Focus: KOBA BUILDING, le King du rap gabonais !!!

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On peut le dire sans sourciller que le rappeur KÔBA BUILDING de son vrai nom NDONG RONNY a marqué d’une pierre blanche le hip hop vert jaune bleu tout au long de carrière musicale dans le label EBEN ENTERTAINMENT en particulier. Mais qui est ce phénomène qui a déchainé les foules et porté le hip hop gabonais voir africain au sommet des charts ?

Au début des années 2000, le jeune rappeur appelé à l’époque BLACK KOBA officie sous la protection de BA’PONGA à MATONGUE BIDASS. Sa première apparition fut sur le titre « Les choses de Francky » de BA’PONGA, transfuge de RAABOON, qui venait de se lancer dans une carrière solo. On peut ainsi voir KÔBA dans le clip du fameux single où il intervient dans un bridge ( petit passage).

Cette première expérience officielle lui permit de se forger peu à peu son identité artistique et c’est ainsi qu’il participera dans les années 2004 à la compilation « Bantu Rap » avec un titre à son actif « Blacko » ; l’accueil du public augurait déjà pour lui une carrière intéressante dans le rap.

Une légende urbaine raconte qu’avant de se lancer dans la musique au Gabon, KÔBA vivait en France et il se serait fait agresser et laissé pour mort par des skinheads (groupe extrémiste raciste), heureusement il s’en est sorti sans grand dommage et avec plus de détermination.

Cette histoire nous démontre que KÔBA BUILDING vient de loin, c’est un survivor qui a su transformer ses faiblesses du passé en force. C’est ainsi qu’il enfourche avec hargne le game dès sa signature à EBEN ENTERTAINMENT par le canal de son mentor FRANCK BA’PONGA qui y était déjà. ÉRIC BENQUET, le Boss du label créé en 2002, a tout de suite vu en lui un diamant brut qu’on pouvait tailler enfin de le faire briller au-delà de nos frontières. L’aventure commence donc avec le single « Qui veut » illustré par un super clip, on est en 2005.

La suite on la connait, le label EBEN ENTERTAINMENT a mis les moyens nécessaires à la disposition de son égérie qui n’a pas tardé à exploser dans le mouvement hip hop gabonais et africain. KÔBA BUILDING débarque avec un style gangsta rap encore jamais vu au pays, il est brut de décoffrage, cru et très explicite dans ses textes. Ce dernier met on en ébullition le game, c’est l’un des premiers rappeurs solo gabonais à attirer un public nombreux lors de ses passages.

Avec EBEN, il a sorti en 2006 l’album « Le Kriminel » contenant plusieurs hits dont « Casse ton coup » ou encore « Jamais sans ma fille ».

Le désormais « King du rap gabonais » est le premier artiste urbain à avoir eu l’un des clips rap les plus chers en Afrique, il s’agit de celui de « Check check » qui a couté la bagatelle de près de 10 millions de FCFA, la vidéo a été tournée en Europe de l’est.

KÔBA BUILDING a reçu plusieurs prix dont un KORA en 2005 en Afrique du Sud (meilleur artiste africain) et un BALAFON AWARDS en 2007 (meilleur artiste hip-hop). Le rappeur a essuyé, comme tout artiste à succès, plusieurs critiques et des assauts de ses adversaires tels que SHADM qui fut un challenger de taille lors du premier clash du rap gabonais le plus médiatisé en 2006.

Avec le label, il fait plusieurs collaborations dont le hit « Tu n’as rien compris » avec BA’PONGA et décliné en deux versions ( refrain en anglais avec VANESSA et refrain en français avec DELAY ». Et le clip, pour l’époque, était également exceptionnel dans le rap africain avec tout l’attirail du bling bling: Jet privé, grosses caisses et jolies minettes.

Mais voilà, l’idylle entre le rappeur et son label s’est arrêté brusquement en 2011, et lors de son départ, il a laissé un album complètement fini dans les mains de son producteur désorienté par la situation.

Malheureusement on n’aura jamais l’occasion d’écouter ce projet qui s’annonçait comme une bombe sonore réunissant les meilleurs producteurs de musique de l’époque, le dernier clip que le rappeur sort sous les couleurs d’EBEN est « Informer »

KÔBA BUILDING signe immédiatement dans un nouveau label nommé MAYENA PRODUCTION et nous sort l’album « 2030 » contenant des hits comme « Le Royaume des kings » , c’est le commencement des déboires du rappeur qui n’arrive pas à se maintenir comme dans son ancien label malgré les moyens mis en place. En 2014, il avait déjà commencé à travaillé sur « Black Rose » qu’il sort finalement en 2018 en France après son départ fracassant de MAYENA en 2015.

Il sort en parallèle plusieurs volumes de sa mixtape GHETTO BLING et dans la même lancée monte sa structure GHETTOBLING ÉDITIONS.

Peu après, le pays a connu des événements politiques marquants en 2016, ce qui permit à KÔBA BUILDING de rebondir en se rangeant du côté du peuple avec un titre révolutionnaire intitulé « Odjuku » . Lui, l’ami du fils du président qui est devenu par défaut un rappeur « engagé ». Il a retourné sa veste pour dénoncer l’oppression.

Sa carrière en parallèle bat de l’aile, la nouvelle génération s’intéresse plus aux nouvelles tendances ; et plusieurs artistes, plus proches des réalités, éclosent par dizaine. « Black Rose » a reçu un accueil mitigé, mais l’artiste peut toujours compter sur sa fan base « VATEL » qui reste fidèle et defend bec et ongle leur idole…

Aujourd’hui, KOBA BUILDING reste une référence, avec son ancien label EBEN ENTERTAINEMENT, ils ont fait rêver plus d’un en Afrique francophone. KÔBA aimerait bien retrouver sa popularité d’antan et une provoc ou un clash le met automatiquement sous les feux des projecteurs. En ce moment c’est sa confrontation avec le rappeur JOHNNY BGOOD qui défraie la chronique et les avis sont partagés…

En définitif, il ne reste que des bons souvenirs et on doit garder en mémoire que KÔBA BUILDING a hissé haut les couleurs de notre drapeau à l’international, il reste le KING avec 3 albums au compteur.

 

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