Les Ladies qui ont épousé le Hip Hop gaboma

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L’univers du Hip Hop est masculin et macho. La gente féminine n’y tient qu’une place mineure, celle de faire valoir, ce qui ne fait qu’entériner et refléter la réalité de la rue, voire de la société. En effet, dans ce milieu, elles ne sont regardées que comme des groupies et des Pom Pom girls.

Au Gabon, nous constatons aussi le même effet. Les hommes sont très fortement représentés dans le mouvement Hip Hop local. Cependant, au fil des années, des braves dames ont décidé de mettre la bague au doigt au Hip Hop gabonais. Ces dames ont donné leur cœur voire consacré leur vie au Hip Hop. Mais qui sont ces « Ladies » qui ont épousé le Hip Hop Vert Jaune Bleu?

Elles ne sont pas nombreuses, il y a celles qui ont marqué la scène musicale locale à une période donnée, et il y a celles qui continuent à tenir bon. NANETH est en quelque sorte l’icône, la reine du Hip Hop Vert Jaune Bleu. Elle a révolutionné  le mouvement car c’est la première femme qui a hissé haut le Hip Hop gabonais à l’échelle internationale. NANETH se fit connaitre à travers le son « Johnny »  extrait de la compilation « Bantumix » dans laquelle on retrouve d’autres ladies comme VERENA et EVELYNE. En 2001, son titre « LBV mon Blues » apparaissant dans la compilation  « Mémoire Vive » produit par Didier Ping sera classé 3ème du hit parade de l’émission Couleur Tropicale sur RFI. Finaliste du concours de musique  « Prix Découvertes RFI », NANETH a récidivé en obtenant le Kora Music Awards dans la catégorie meilleure artiste féminin d’Afrique Centrale. Dans les années 2000 elle  était incontournable, ses nombreuses collaborations avec les rappeurs gabonais ont fait d’elle notre « Laurin Hill » nationale. Son talent s’est même exprimé dans le domaine de la variété car elle est choriste d’une icône de la variété gabonaise Pierre Claver AKENDENGUE et à l’époque elle fut aussi membre à part entière du groupe universitaire MBALA. NANETH a bercé la jeunesse de plusieurs gabonais par ses mélodies. Elle est toujours présente sur la scène musicale car son nouvel album « Minga » est dans les bacs.

Nous avons eu d’autres artistes comme AMOUR du phénoménal RAABOON, qui a marqué la scène musicale dans les années 2000 et qui, comme le groupe, a disparu des spotlights. La rappeuse K-PRICE avec son crew BAD CLAN fut aussi une rappeuse connu à cette époque, elle a continué cette passion du côté de Dakar au Sénégal, on se souvient encore du titre « Ening Nzame ».On peut aussi citer LIAZE qui était proche du Sya Africa Funk , sans oublier le duo NEURONE  dans la compilation « Mémoire Vive » avec le titre « Prostitution ». Owendo n’était pas en reste il fut représenté par les filles du groupe CLAIRVOYANCE d’Armée Rouge.

TINA révélée lors du concours télévisé « tremplin » avec son single « folle » continue de marquer d’une empreinte indélébile le Hip Hop Vert Jaune Bleu, elle a sans doute l’une des plus belles plumes de ce hip hop féminin car elle a composé pour plusieurs artistes dont Arielle T. WONDA WENDY la princesse du ZORBAM aussi avec son single « c’est qui cette go? » ou bien « barré » fait partie des digne  héritières de Naneth, en marge de sa carrière solo WENDY est aussi choriste et a travaillé par ailleurs avec TIKEN JAH FAKOLY et d’autres artistes.Nous citerons aussi les jumelles du groupe MIMBYASS qui ont fait un comeback remarqué avec le son « Si ye dzo » dont le clip est une petite merveille.

Nous n’oublions pas la nouvelle génération composée de VICKY qui a fait une entrée fracassante dans la scène musicale locale avec son « Leggo », à la fois rappeuse et beatmakeuse cette dernière a un potentiel et un  avenir prometteur dans le Game. Dans le même registre de rappeuse beatmakeuse nous avons aussi Lil’OLA  qui, il y a encore quelques années encore, était en vogue. Nous comptons aussi dans cette relève des artistes comme NAN’S (présente récemment dans le collectif action/2015 Gabon), F’DI (qui fait une apparition dans le « Ndoss Urban Hit Show ») ainsi que FL3URE (la protégée du rappeur KO), LEINTS  GLOIRE (qui a poussé la chansonnette avec son titre Rughe), L.Y. STYLE (rappeuse originaire de POG révélée dans les mixtapes Ghetto Bling et les projets solo de KOBA), EUPHRATE (qui, avec TRUE MUSIC EMPIRE, nous a présenté « sort ça sorcier » avec 2MJ).

Toutes ces rappeuses citées sont plus ou moins connues dans le milieu Hip Hop du pays. Il existe sans doute d’autres rappeuses talentueuses qui ne demandent qu’à se faire connaitre c’est le cas par exemple de la rappeuse port-gentillaise BETSIE FERRARI. En outre il existe surement des jeunes filles ayant la fibre hip hop mais qui n’ont pas assez de moyens ou de courages pour se lancer et vivre leur passion; comme on dit au kwat « vas y mama pourquoi tu fia », car qui n’ose rien n’a rien.

En somme, le Hip Hop gabonais a une forte dominance masculine tout comme dans les autres pays. Mais ce contraste n’est plus si flagrant car la gente féminine, ces dernières décennies a posé sa pierre à l’édifice. Les beaux jours du Hip Hop gabonais se sont passés avec ces femmes fortes en coulisses et sur scène. Si un jour il nous arrive de dire que  le Hip Hop n’est plus que l’ombre de lui-même c’est que la relève aura échoué car un proverbe dit « derrière un grand homme se cache une grande femme ».

publié le 14/02/2015

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Passionné de musique et de TIC, avant-gardiste dans la diffusion des contenus ; milite pour la musique urbaine gabonaise.

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