Lorsque la notoriété fait perdre la tête aux artistes !!!

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Le showbiz gabonais est souvent secoué par des évènements inattendus. Les artistes quittent les labels au moment où l’on s’attendait le moins, c’est-à-dire, lorsque ces artistes sont au top de leur jeune carrière. Les producteurs et les labels payent souvent le lourd tribut car à la fin, leur structure finit par s’affaiblir ou dans le pire des cas, elle ferme boutique.

Les responsables des labels sont les plus critiqués sur la gestion de la stratégie établie pour leurs artistes et surtout le traitement de leurs égéries. Cependant, il y a des situations où c’est l’artiste lui-même qui est à l’origine de sa chute.

L’ÉTERNEL RECOMMENCEMENT

Un label musical est une entreprise de production ayant en son sein un ou plusieurs artistes. Son but est de dénicher des talents qu’il pourra ensuite soutenir. Le label oriente les artistes vers la production de disques, l’organisation de représentations, la phase de promotion, ou encore la mise à disposition des titres sur les plateformes légales de streaming.

Le label musical se rémunère sur les ventes générées par la musique produite, tout en reversant une rémunération aux artistes qui est convenue sur un contrat (source: captaincontrat.com). Au regard de cette brève définition du rôle d’un label, nous constatons que dans le showbiz gabonais, certains labels jouent pleinement leur rôle.

Le label DREAM EMPIRE est un parfait exemple. Ce label a fait émerger la chanteuse SLY’A, lui a produit des singles, a fait la promotion du single « Wull’ma » qui est devenu un hit en 2018.

SLY’A était dans tous les magazines digitaux, sur plusieurs médias en ligne. Tout ce travail de fourmi a été effectué par le staff du Label DREAM EMPIRE. Les résultats ne se sont pas faits attendre, SLY’A est devenue une Star de la musique urbaine gabonaise, la référence en terme d’originalité aux côtés de SHAN’L, CREOL ou TINA. Elle est quittée de petite chanteuse d’EKIVOK FAMILLY à artiste prometteuse de la musique urbaine gabonaise. Au final, la notoriété a transformé l’artiste. Aujourd’hui, elle n’est plus en odeur de sainteté avec l’équipe qui a œuvré pour son essor dans la musique.

Un autre cas palpable, est celui du jeune rappeur BOB DAN. Recruté à l’état brut, façonné par le label AFRICADREAM par l’entremise de MARIO, le jeune BOB DAN a fait ses premiers pas avec des stars depuis belle vue 2, mais il n’a pas fait ses preuves afin de taper dans l’œil du patron d’un label quelconque avant de signer chez AFRICADREAM. Le responsable du label comptait sur lui pour la relève puisqu’il était une valeur sûre de la structure malgré l’omnipresence du rappeur NG BLING à l’époque.

Après le départ de NG BLING, c’était une aubaine pour lui de prendre les rênes de l’écurie avec N’DO-MAN afin de garder le Label sur les rails. Hélas le label était trop lourd pour ses petites épaules, il a préféré prendre la clé des champs. Aujourd’hui, il nargue et lance des piques à l’encontre de son ancien label. C’est une drôle de façon de remercier son bienfaiteur.

LE RESPECT, LE PROFESSIONNALISME ET L’INDULGENCE

Tous ces faits cités plus haut ont des conséquences négatives sur la carrière de ces deux artistes mentionnés et sur les labels impliqués.

Aujourd’hui les vidéos de SLY’A sous DREAM EMPIRE ont été supprimées du compte du label, on y retrouve plus « Wull’ma » , « Tilo » ou encore « Pourquoi ce mal » feat. SIR SOSSA et ce sont des milliers de vues perdues. Elle va devoir recommencer à zéro et prouver notamment qu’elle peut faire mieux dans sa nouvelle structure. Malgré les moyens que détient son nouveau label, la popularité de SLY’A semble stagnée par rapport au départ, nous craignons de ne plus la voir briller sur le plan musical dans les 2 ans à venir.

Les vidéos ( clips et audios) de BOB DAN sous AFRICADREAM ont été également supprimées, ses comptes YouTube , Facebook, Instagram ont été désactivés. Il devra désormais se débrouiller avec son compte personnel ce qui est, par la suite, un frein quant à sa présence dans les réseaux sociaux. On ne verra plus sur le compte AFRICADREAM les titres tels que « Palaba » , « Ndami » ou encore « Suis moi » l’un de ses meilleurs sons.

Le respect mutuel n’a pas été au centre de leurs relations. Ce qui a entraîné ces réactions radicales de la part des labels. Supprimer et désactiver des contenus d’un artiste est une réaction extrême, ça devient par la suite ce que les jeunes appellent dans la rue « le mauvais coeur » et ce n’est pas professionnel, on peut le qualifier de véritable gâchis qui ne valorise pas le Game.

Nous sommes entrain de bâtir une véritable industrie musicale donc soyons professionnels dans nos actes afin d’être crédibles aux yeux de tous. Cependant, cette réaction est la résultante du mauvais comportement de l’artiste qui ne respect pas sa hiérarchie. Chacun doit reconnaître sa place et son rôle dans le Label. Et tout désaccord devrait se traiter sur la base du respect mutuel.

Le pardon devrait être au centre de toute frustration. Nous sommes une poignée de personnes qui tente de mettre en place une industrie, nous devons nous soutenir avec nos qualités et nos défauts. Si la rancœur était l’ami de M.YONKEU , la diva CREOL n’aurait pas revu son ex producteur avec tous les malentendus qu’ils ont eu et peut être que les milliers vues des vidéos « Bonobo » ou « Vip » ne seraient qu’un lointain souvenir. Si MARIO, patron du label AFRICADREAM était si rancunier, pourquoi il ne supprimerait pas les œuvres  de NG BLING de sa plateforme ?

Respectons-nous, soyons professionnels, soyons indulgents envers ceux qui nous offensent. N’oublions pas que c’est le showbiz gabonais qui est entaché et avec ce genre d’attitude, le Gabon ne gagnera rien !!!

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Acteur social, passionné des langues , des cultures urbaines et des Technologies de l'Information et de la Communication.

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