NGA’KUMBE : « La tradition reste le socle sur lequel il faut s’appuyer »

200
0

C’est en juin 2019 que le public gabonais découvre le titre tendance Ikoku « Façon que tu tourne ça » de NGA’KUMBE et comme une traînée de poudre le son s’est rependu dans tout le pays et au-delà, de nos frontières grâce à des video-challenges que les fans ont publié progressivement sur les réseaux sociaux.  L’audio du single flirte dorénavant avec les 180 K vues sur la chaîne YouTube.

NGA’KUMBE se lance dans la musique au milieu des années 2000 tout en poursuivant des formations dans le domaine du multimédia, ce dernier est très encré dans sa tradition et veut le partager avec tout le monde à travers sa musique rafraîchissante. Découvrons NGA’KUMBE, cet artiste moderne dans sa culture qui nous vient du sud du Gabon.

WAZEMUSIC : Bonjour NGA’KUMBE, beaucoup de mélomanes te découvrent à travers le single « Façon que tu tournes ça » qui peut être considéré comme la sortie de ces vacances, mais beaucoup s’interrogent sur toi. Alors qui est NGA’KUMBE et c’est quoi son parcours ?

NGA’KUMBE : Mbolo WAZEMUSIC !  Mbolo les mélomanes !  Mbolo le Gabon ! Je suis GABIN NGADJI KOUMBA à l’état civil et mon pseudo c’est NGA’KUMBE, artiste gabonais de Nya-Ngou (Nyanga-Ngounié), précisément de Moabi et Ndéndé. J’ai commencé officiellement sur la scène musicale gabonaise en 2007 en participant à la finale du « Tremplin », autrefois organisé par ÉLISABETH OGOULA, au casino croisette.

Avant cette première expérience musicale, j’ai suivi une formation en PAO (Publication Assisté par Ordinateur) et MAO (Musique Assisté par Ordinateur) à l’A.I.P (Atelier d’illustration pluri-média) où j’ai appris beaucoup de JEAN DIDIER NANG et FLEMIBAX.

WAZEMUSIC : Il nous semble que tu ne fais pas que de la musique, quelles sont tes autres activités ?

NGA’KUMBE : En dehors de la musique, je suis Réalisateur de clips vidéos et publicités, je suis également cinéaste et infographe, tout part de l’A.I.P (Atelier d’illustration pluri-média).

WAZEMUSIC : La description de ta page Facebook dit : « je chante pour ma culture » doit-on comprendre que tu ne fais que du tradi-moderne ?

NGA’KUMBE : Je n’ai pas toujours fait que du tradi-moderne, mais je suis convaincu que la tradition reste le socle sur lequel il faut s’appuyer pour donner à la musique gabonaise son identité. Donc oui, aujourd’hui, faire du tradi-moderne reste ma priorité. J’essaye de mélanger la tradition à plusieurs sauces que vous découvrirez au fil du temps. Cela n’exclu pas de faire d’autres genres quelques fois car je reste néanmoins un Artiste.

WAZEMUSIC : De nos jours la musique est dominée par les influences urbaines, est-ce facile de faire du tradi-moderne en l’occurrence de l’ikoku et de trouver les compétences nécessaires pour retranscrire ton inspiration en musique ?

NGA’KUMBE : Rien n’est facile, tout vient à force de tester, répéter, etc… et il faut avoir une bonne dose de créativité. On a un patrimoine culturel très riche, on a de beaux rythmes chez nous. La musique est universelle ! Et quand c’est bon, c’est bon pour tout le monde. Les influences urbaines ne sont pas un frein dans mon travail, au contraire ça reste une source d’inspiration. En général, j’essaye toujours de voir comment mixer l’urbain avec mon ikoku. J’appelle ça le « tradi-urbain ».

WAZEMUSIC : Il se dit qu’un Remix de ton hit « Façon que tu tournes ça » serait en préparation avec des rappeurs ? Quels artistes aura-t-on au programme et pourquoi avoir pensé à faire le remix ?

NGA’KUMBE : Oui, on prépare quelque chose d’inédit pour le remix de « Façon que tu tournes ça ». C’est tout ce que je peux vous dire pour l’instant. Pour tout savoir, abonnez vous vite sur mes pages dans les réseaux sociaux « Nga’kumbe ».

WAZEMUSIC : Le clip de « Façon que tu tournes ça » est très attendu, la date de sortie est prévue pour quand ? 

NGA’KUMBE : La date de sortie du clip de « Façon que tu tournes ça » n’est pas encore fixée, mais nous espérons le sortir en fin octobre. D’ailleurs, une grosse surprise vous attend (Lol).

WAZEMUSIC : Et comment vis-tu ce succès soudain dû à ce titre ?

NGA’KUMBE : J’admets que ce titre tourne bien et que c’est surement un succès national actuellement, mais j’aimerais qu’il soit un classique. Qu’on puisse l’écouter pendant des années encore. Je travaille dans ce sens. Sinon, je suis calme. Quand tu sais d’où tu viens et tu bosses dur, tu n’es pas surpris lorsque le succès arrive. J’ai une bonne équipe (Ozik) autour de moi donc c’est tranquille.


WAZEMUSIC : Hormis la vidéo de « Façon que tu tourne ça », quelles sont tes autres projets à moyen et long terme ? 

NGA’KUMBE : A moyen terme, j’ai la sortie d’ici peu de mon nouveau single intitulé « TsiMavovoss ». Pour le long terme, j’envisage être un ambassadeur de ma culture en créant des ateliers pour les plus jeunes, histoire de leur donner le goût de nos rites et traditions. La nouvelle génération n’a plus de repère…

Le challenge vidéo sur « Façon que tu tournes ça » m’a conforté sur mes choix et m’a permis de réaliser pas mal de choses. Le simple fait que toutes les ethnies aient dansé l’Ikoku, de la diaspora jusqu’au Gabon, signifie énormément pour moi.

WAZEMUSIC : Il y’a un débat houleux actuellement sur la scène musicale, les artistes reprochent aux DJ de ne pas mettre assez de musique gabonaise. Quelle est ta position ?

NGA’KUMBE : J’avais dénoncé ce problème ! Certes, la manière était un peu dure, je m’en excuse, mais il le fallait. Oui, je suis de ceux là qui pensent qu’on peut animer toute une soirée avec de la musique gabonaise, on a tellement de belles mélodies (Tradi, rap, variété etc…).

Les gabonais aiment la musique de chez eux je vous assure. Que les DJ jouent leur partition, nous on jouera la notre, celle de produire de belles mélodies. Il est temps qu’on vende la destination Gabao.

WAZEMUSIC : Que pense NGA’KUMBE de la musique urbaine gabonaise et de l’état actuel de la musique traditionnelle ?

NGA’KUMBE : La musique urbaine gabonaise a beaucoup mué, très influencée ces dernières années par la musique nigériane et ses codes. C’est fort de ce constat que j’ai fait du tradi-moderne ma priorité car je reste convaincu que notre essor, même sur le plan international, viendra de là.

En ce qui concerne la musique traditionnelle elle est présente mais est victime du manque de visibilité. Peu d’artistes, qui font dans le traditionnel, sont présents sur la toile et encore moins sur les plateformes digitales au point où certains étaient très étonnés de trouver « Façon que tu tournes ça » sur Itunes, Spotify, Deezer et autres….

WAZEMUSIC : Diboty NGA’KUMBE, quel est ton mot fin ?

NGA’KUMBE : Il est temps qu’on donne une réelle identité à notre musique urbaine. Il est temps que le vert jaune bleu brille dans tous les domaines mais surtout dans le domaine de la musique. Et comme j’ai coutume de dire : c’est la musique et le sport qui font parler d’un pays au delà de nos frontières, de vrais ambassadeurs.

Retrouvez NGA’KUMBE sur  Facebook (ici)

Donne ton avis

Jeune passionné de hip hop, il met sur papier son avis à propos des sujets liés à la culture urbaine.

Réagissez à cet article

Please enter your comment!
Please enter your name here