OEMI-MICK :«Au Gabon on écoute que ceux qu’on connait»

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Allons-y à la découverte dans cet entretien du rappeur OEMI-MICK, un artiste qui s’est lancé dans la musique il y a déjà quelques années et qui a pour objectif de conquérir le public gabonais tout en apprenant le métier dans l’humilité.

WAZEMUSIC : Mbolo OEMI-MICK, le public gabonais ne te connaît pas vraiment. Peux-tu te présenter brièvement à lui ?

OEMI-MICK : Je suis OEMI-MICK, jeune artiste rappeur gabonais originaire de la province du haut-Ogooué, je m’intéresse à la musique disons depuis 2008. Mon blaze OEMI ce prononce phonétiquement O-É-M-I, ce sont les initiales de mon nom dans la civil et j’ai adjoint à cela MICK le diminutif de Michaël et on peut dire que ça se rapproche à priori de Mic(Micro) et ça fait rap finalement lol !

WAZEMUSIC : Et comment est arrivé le déclic pour la musique ?

OEMI-MICK : Comme précédemment énoncé, c’est en 2008 que m’est venu le déclic pour la musique et je crois que c’est à partir de là que j’ai commencé à m’investir dans cette passion. Le tout s‘est emboité et mis en place lorsque je me suis retrouvé au Sénégal pour mes études supérieures.

WAZEMUSIC : 2008 – 2018, on peut dire que ça fait 10 ans de carrière, comment expliques-tu que tu ne sois pas encore connu du public ?

OEMI-MICK : Euh… non je ne dirais pas 10 ans de carrière… quand tu es dans un immeuble c’est au rez-de-chaussée qu’on commence à compter les étages, pas au sous sol (rires). Je pense que pour parler de carrière il faut être en plein dans le truc tu vois, dans ces 10 ans il y a probablement 3 ans de pratique réelle.

Maintenant je sais que c’est pas une excuse car tu as des jeunes qui sont arrivés à peine dans le game et sortent des hits qui les font connaitre direct, il y a aussi ceux qui ont mis du temps dans l’ombre avant de se révéler au grand public, ça dépend souvent de la chance, de la tendance, des moyens de promo, de la stratégie bref…

WAZEMUSIC : Quelle stratégie adoptes-tu dans ce cas alors pour palier à ce manque de popularité ?

OEMI-MICK : Moi je côtoie le milieu, j’apprends beaucoup et même en étant inconnu du grand public, j’arrive à vivre ma passion pour le double H et j’acquière de l’expérience. Faire des hits c’est bien, comprendre et exercer professionnellement le métier d’artiste c’est encore mieux.

Pour une vraie et longue carrière il faut les deux. Je ne pense pas qu’il y a des artistes qui font exprès de pas sortir de hits (MDR) juste que contrairement à DONZER par exemple, moi je serais plus préparé…

WAZEMUSIC : En comptabilisant ces années de pratique du hip hop, qu’as-tu déjà sorti concrètement ?

OEMI-MICK : Sur le marché proprement dit, j’ai sorti un maxi single en 2013 intitulé « Élévation » avec mon poto sous l’égide du groupe 7.6 INJECTION (on l’avait déposé à Disco Type Mbolo, à Awendjé aussi, je ne sais pas s’il y est encore lol)… il faut avouer qu’on n’a pas communiqué dessus, on l’a sorti à Dakar dans la foulée, je rentrais au pays lui il restait et on n’a pas su gérer tout ça l’un sans l’autre.

Entre temps, on a pas mal de titres et trois clips sur différentes plateformes numériques. Là, j’ai ouvert une autre page avec mes titres solos tels que Maman a béni, Jolie et Belle, RAF 2 TN BUZZ et JVE (remix de Run Up de Major Lazer) qu’on peut retrouver sur YouTube, WazeMusic, Soundcloud …

 WAZEMUSIC : Et donc aujourd’hui c’est quoi ton actualité ?

OEMI-MICK : Je viens de signer avec le label NFA Design un contrat de coproduction qui permettra de plus structurer les choses et travailler pour plus de visibilités. Il y a un son qui arrive, le titre c’est Kina (Danse en langue Obamba) et de tas de choses se préparent, le label communiquera dessus le moment venu lol.

WAZEMUSIC : Félicitation pour cette signature, du coup ta carrière prend un nouveau tournant, quel est l’événement marquant de cette dernière ?

OEMI-MICK : Je vous remercie… Bon l’événement qui m’a le plus marqué c’est le Dakar Hip Hop Show…On nous avait appelé grâce à un passage dans un établissement et surtout grâce à notre vidéo postée sur YouTube.

C’était une sacrée surprise et du coup on appréhendait notre prestation là-bas mais en montant sur scène il y a eu une grande ferveur du public, on était étonné que les gens kiffent et après la scène, une fille qui s’est même approchée pour demander le numéro de l’un d’entre nous… je me suis senti star pour la première fois (rires)…

WAZEMUSIC : Quelle est ton expression préférée en Toli bangando ?

OEMI-MICK : Là tout de suite comme ça je dirait « Le Mbite » je sais pas pourquoi mais depuis un moment j’aime répéter cette phrase : « le mbite c’est pas le love oh », je crois même que je vais en faire un son (MDR).

WAZEMUSIC : Qu’est-ce que OEMI kiffe en ce moment dans son phone ?

WAZEMUSIC : J’écoute beaucoup de sons…quand je marche j’ai les écouteurs, au taf je mets le petit baffle, en case je mets sur le Woofer… Là par exemple, je te prends juste mes dernières lectures : Nicky Minaj Feat Ariana « Bed », Dosseh « Habitue », Don Nakess « Mon alliée », Excell « Seigneur descend », Rick Ross « Push it », Lord Helkaas « On reste Posey », Ada « i testify » et plein d’instrum (lol) pour m’arrêter là…

WAZEMUSIC : Merci ndami, ton dernier way ?

OEMI-MICK : C’est déjà vous remercier, vous avez un site qui a de l’avenir, on sent des vrais hip-hopeurs derrière chaque article et rubrique. D’autres sites misent plus sur le prestige, la tune, les artistes déjà connus et tout… mais vous on sent de la passion pour la musique urbaine, on y retrouve de tout…ne changez pas ça !

Aussi encourager le public à devenir des vrais consommateurs… ici au Gabon on écoute que ceux qu’on connait ou ceux qui sont connus alors qu’en réalité il faut chercher. Il y a des sites comme le votre qui révèlent des gars talentueux mais comme ils ne cartonnent pas (encore) dans les boites ou bars, on ne veut même pas cliquer dessus, c’est dommage.

Enfin, OEMI-MICK est présent sur tous les réseaux sociaux, abonnez-vous a ma page artiste : Facebook OEMI-MICK

 

 

 

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Passionné de musique et de TIC, avant-gardiste dans la diffusion des contenus ; milite pour la musique urbaine gabonaise.

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