RODZENG : « Notre musique fait office de censure»

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RODZENG est un transfuge du trio 241 (OKOSS, Énigmatik & RODZENG) appartenant au label ZORBAM PRODUXIONS, c’est à l’âge de 9 ans qu’il s’intéresse au hip hop influencé par son grand frère membre du groupe MAUVAIZHALEINE.

Adepte de rap et de Slam, c’est en 2006 qu’on le découvre officiellement sur le titre « Chez Nous » de 241 puis de fil en aiguille il s’affirme et se lance bien plus tard en solo.

Après l’obtention de son BAC il s’envole pour l’Afrique du sud en 2009 et sort l’album « Dr Nzeng I » en 2010 dont les vidéos, « Bad boy » sorti en 2010 et « Fuck That Sh**t » sorti en 2011, en sont des extraits. En 2013 il enchaine avec « Dr Nzeng II » qui voit la sortie des clips « Arrête de Pomper » en 2013, « Far West » en 2014, « Light The torche » en 2015 et beaucoup d’autres.

RODZENG c’est aussi la participation à plusieurs shows tels que « Gabao hip-hop festival » ou encore « Le show du pays » dans les années 2000 et bien sûr « La journée de l’oralité » et bien d’autres.

C’est en 2018 RODZENG présente son dernier projet intitulé « Engongol » dont les titres comme « C’est pas cadeau » ou encore « Évite » en sont les extraits et en parallèle lance le concept « Bwiti Gang » avec la série de Freestyles « Bwiti Gang Cypher ». Allons-y à la rencontre de ce prodige de la scène hip hop gabonaise.

WAZEMUSIC : Mbolo RODZENG et meilleurs vœux à toi, comment as-tu eu l’idée du BWITI GANG et réunir BAK ATTAK et TRIS ?

RODZENG : Mbolo WazeMusic, alors le BWITI GANG s’est fait au feeling. Il faut dire que c’est la forêt qui nous a réuni. Tris, Bak et moi partageons les mêmes idées et nous militons pour la même cause noble.

WAZEMUSIC : Les GRILLÉS c’est ainsi qu’on vous surnomme également, êtes-vous finalement trouvés artistiquement avec le BWITI GANG ?

RODZENG : Les GRILLÉS, c’est parce que notre musique fait office de censure. La direction artistique de BWITI GANG glisse tellement bien, car les esprits des trois GRILLÉS concordent.

WAZEMUSIC : Pourquoi surfes-tu sur la vague des rites traditionnels, es-tu vraiment initié ou c’est juste pour le fun ?

RODZENG : Le grand problème des sociétés africaines se situe au niveau culturel, nous ne nous exprimons pas dans notre paradigme. Et il serait impératif d’effectuer un retour aux sources pour mieux s’épanouir et s’affirmer en tant qu’africain.

Cette question est tellement fondamentale qu’il faudrait toute une émission pour ça. Oui, je suis un jeune bwitiste et le combat que je mène est pour les générations futures. Penser qu’à soi relève de l’égoïsme.

WAZEMUSIC : L’année 2018, a été marquée par le concept et série de freestyles BWITI GANG CYPHER, Pourquoi lancer une deuxième saison, le projet ne s’épuisera-t-il pas avec ça ?

RODZENG : Très bonne question, alors la première saison des Cyphers se faisait toutes les deux semaines. Pour maintenir la flamme et garder le suspense, nous avons réajusté la fréquence dans la deuxième saison. On aura droit à un Cypher par mois. L’organisation sera meilleure et l’engouement aussi.

On shootera désormais dans des carrefours de LBV, 7 épisodes jusqu’en juillet pour finir sur un grand show en août. C’est l’idée, et nous sommes sûrs d’y parvenir avec votre soutien.

WAZEMUSIC : En fin d’année 2018, des gros clashes ont rythmé le hip-hop Gaboma avec toi et tes acolytes comme acteurs, pourquoi êtes-vous rentrés dans ce jeu ? Êtes-vous blacklistés depuis lors ?

RODZENG : On a toujours été blacklisté même avant les clashes. Et Le clash est une discipline du hip hop car on essaie de redonner au rap ses lettres de noblesse. On pousse les autres à rapper comme ils aiment et à donner le meilleur d’eux-mêmes. C’est beaucoup plus qu’un SPORT qu’autre chose, après les faibles d’esprit mettront de l’émotion mais bon c’est le Game.

WAZEMUSIC : Ton école c’est le ZORBAM depuis l’époque du 241, on sent beaucoup l’influence du MH et il se dit même que t’es une sorte de « mini » MH est-ce vrai ? As-tu ta propre identité lyricale ou pas ?

RODZENG : Ça fait toujours plaisir quand on te dit que tu ressembles à ton père et que ce père est un modèle. Aujourd’hui je peux affirmer que Docteur NDZENG est une entité à part entière dans le hip hop vert jaune bleu. Bien qu’avec mes grands, on a le même combat, j’ai ma façon à moi de faire passer le message solaire.

WAZEMUSIC : En parlant de 241, quel rapport entretiens-tu avec tes anciens combis ? On se souvient des petites piques entre OKOSS et Toi sur les réseaux sociaux, était-ce réelle cette mésentente ?

RODZENG : la jeunesse et la fougue peuvent souvent nous induire en erreur. OKOSS c’est un frangin, il fait son taff propre. Et d’ailleurs on l’attend dans le Cypher, vous serez surpris.

WAZEMUSIC : « Engongol » est l’album que tu nous a produit cette année et ça été salué par la critique, que nous réserves-tu pour 2019 ?

RODZENG : 2019 peut-être un album BWITI GANG. Qui est chaud ? Combien peuvent buy ?

WAZEMUSIC : Le titre « Le bled est à terme » est un prisme de l’actualité à chaud du pays, pourquoi tant de virulence au mic?

RODZENG : Le hip hop c’est le savoir en mouvement. Il ne sert pas qu’à faire la fête, il faut aussi du rap éducatif. « Le bled est à terme » c’est le reflet de mon cœur qui, face à la situation critique du pays, saigne de chagrin. Autour de nous l’impact de la douleur du pays se ressent, et nous ne pouvons rester insensibles. Alors je prends un micro et je fais parler mon âme.

WAZEMUSIC : Merci ndami, ton BWITI de fin ?

RODZENG : Merci aux fans, à ceux qui nous soutiennent, à WazeMusic et à ZAME YE MEBEGUE. Bassé bassé !!!

Retrouvez RODZENG sur Facebook (ici)

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Passionné de musique et de TIC, avant-gardiste dans la diffusion des contenus ; milite pour la musique urbaine gabonaise.

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