Streaming : Que gagnent les artistes gabonais ?

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Le streaming est un mode de diffusion pratique et rapide pour écouter ou visionner des contenus sur internet. En d’autres termes, le streaming permet la lecture d’un flux audio ou vidéo à mesure qu’il est diffusé.

Ces flux audios et vidéos sont fournis par des plateformes spécialisées telles que Youtube , Netflix, Daylimotion pour les films et vidéos, Spotify, Deezer, Pandora, Apple Music, Googleplay, Tidal pour la musique.

Les plateformes qui diffusent des contenus musicaux (YouTube, Tidal, Deezer, Spotify etc.) offrent des systèmes d’abonnement gratuits et payants pour les utilisateurs. Et ces services de streaming rémunèrent les artistes ayant des comptes dans leurs plateformes selon le nombre de fois que leur musique ait été jouée ou selon le nombre de fois que leurs vidéos aient été regardées.

Ainsi ces plateformes comptabilisent depuis l’année dernière 1,273 milliards d’utilisateurs. YouTube à lui seul englobe un milliard d’utilisateurs et 273 millions pour les plateformes purement audio.

Une très faible rémunération pour nos artistes.

Nombreux sont les artistes gabonais ayant des comptes dans les plateformes populaires comme Youtube, Spotify, Deezer et Apple Music. Beaucoup s’interrogent sur la somme que peut gagner un artiste en particulier l’artiste gabonais dans ces services streaming.

Il est bien important d’expliquer le système de rémunération par plateforme. Selon certaines analyses, Google et Apple Music ne communiqueraient pas sur leurs résultats. Cependant les autres plateformes communiquent leurs critères et ceux-ci diffèrent selon les statuts c’est-à-dire les artistes sous contrat avec des maisons de disque et les artistes indépendants. Nous prenons en compte les services streaming les plus populaires.

Alors la plateforme YouTube rémunère 0,0006 dollars par écoute, Deezer 0,0056 dollars par écoute, Spotify 0,0038 dollars par écoute.
Si nous prenons par exemple YouTube, et que nous voulons déterminer ce que pourrait gagner un artiste gabonais dans cette plateforme, nous multiplierons tout simplement le nombre de vues par le prix d’une vue et on converti le total en FCFA.

Nous pouvons illustrer nos propos avec un cas pratique : le clip «  Tchizambengué» de l’artiste SHAN’L a atteint en un mois 2 564 652 vues. Pour connaitre le montant que pourrait gagner SHAN’L à travers ces vues, nous multiplions ces 2 564 652 par 0,0006 dollars ce qui donnera 1 538,7912 dollars. En convertissant cette somme en FCFA, SHAN’L gagnerait 769.395 FCFA cette somme pourrait varier selon le taux de change.

Cependant combien de nos artistes peuvent atteindre ce nombre de vue par single ? On les compte sur le bout des doigts.

L’album « Black Roses » de KÔBA BUILDING a cumulé sur les plateformes de streaming, pour la première semaine lors de sa sortie, plus de 240 ventes dont 121 465 streams.

Et d’après une enquête du magazine BRAIN241 effectuée au mois de mai sur les sites WAZEMUSIC.COM( téléchargements gratuits) et GSTOREMUSIC.COM( téléchargements payants), il en ressort ce TOP 5 des téléchargements du mois d’avril.

Les spectacles vivants, seule solution pour combler cette faible rémunération.

On entend par spectacle vivant, les spectacles qui se jouent en direct devant un public. Les spectacles vivants sont en effet des concerts ou des shows privés. Les artistes gabonais bien que n’ayant pas véritablement de droits d’auteurs, vivent de spectacles vivants.

Les concerts et les différents show-cases rapportent plus à nos artistes que les écoutes de leur musique dans les services de streaming. Nous prenons un exemple : le rappeur NG BLING a été l’artiste le plus sollicité dans les shows cette année.

Selon son staff, NG BLING a fait plus de quatre show-cases par mois depuis le mois de janvier. Et chaque show-case est payé au minimum 500 000 FCFA. En prenant en compte les aléas, nous déduirons que l’artiste NG BLING gagne en moyenne 1 500 000 FCFA par mois suite aux différents spectacles auxquels il est régulièrement convié.

Nos retenons que le streaming musical est un service qui n’est pas encore totalement adopté par les consommateurs de musique urbaine gabonaise. Les causes de ces lenteurs sont multiples. Cependant nos artistes pallient à ce problème par les concerts, show-cases et d’autres invitations diverses.

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Acteur social, passionné des langues , des cultures urbaines et des Technologies de l'Information et de la Communication.

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