TINA :«MERCI est un album que je dédie à KRYSTAUF »

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TINA affectueusement appelée « La Folle » nous présente son quatrième album intitulé « MERCI » qu’elle dédie à KRYSTAUF son mentor à Nofia Sound. C’est au crépuscule de son adolescence qu’elle se lance dans la musique et devient en quelques années une figure emblématique du rap féminin gabonais.

WAZEMUSIC : Mbolo TINA, doit-on encore t’appeler la folle ou t’es-tu assagie depuis le temps ?

TINA : Bonjour, j’ai jamais vraiment été Tina la folle, j’ai juste fais un son qui s’intitulait « Folle » dans lequel j’ai posé la question « est-ce que je suis vraiment folle ou c’est votre société qui est folle ? ». En gros c’est un peu ça le résumé du son et tout le monde l’a interprété comme étant une affirmation et c’est de là qu’est parti le nom « Tina La Folle ».

Me suis-je assagie ? Je dirais simplement que ma manière de voir le monde reste la même mais c’est peut-être la façon de la raconter qui a changé. On devient plus mature et il y a des choses qu’on comprend avec le temps, mais je dénonce toujours les mêmes indignations et injustices. En tant qu’artiste je me diversifie afin d’être plus complète et éviter de faire la même chose.

WAZEMUSIC : Ton parcours artistique est assez intéressant avec Nofia Sound à tes débuts puis Artifices mais au milieu il y a eu Direct prod, c’était quoi le deal car t’as pas fait long feu avec la structure ?

TINA : Effectivement j’ai commencé assez jeune à l’âge de 17 ans avec le label Nofia Sound et ma plume m’a ouvert les portes de Direct Prod avec lequel j’ai signé pour la livraison d’un album appelé « Tina » pour lequel on est allé au bout de notre attente et on a décidé d’en rester là. J’ai une certaine façon de voir la musique et ma vision ne coïncidait pas avec la leur.

Direct Prod est une structure qui met l’accent sur les strass et paillettes, et moi je suis une artiste assez simpliste qui n’a pas cette vision bling bling. Je ne voulais pas me retrouver à se déguiser pour devenir un produit marketing. En somme ça ne me correspondais pas car je voulais être moi-même.

WAZEMUSIC : Rappeuse émérite, tu as aussi des talents d’auteure, pour qui as-tu écris dans le milieu urbain gabonais ?

TINA : Je ne sais par où commencer car la liste est longue, j’ai prêté ma plume à plusieurs artistes au pays mais aussi à l’extérieur.  Pour les plus connus je citerais SHAN’L pour qui j’ai beaucoup écris, ARIEL T, RICO l’artiste ivoirien, BGMFK, KOBA BUILDING, A2T, DESIREY NM, BOODEE (son en gestation) et j’ai écris pour toutes les finalistes de Women Power et pas mal d’autres encore…

WAZEMUSIC : Quelles sont les filles dans le milieu dont tu regardes le boulot ? Avec qui as-tu travaillé ou aimerais-tu travailler ?

TINA : Je pense avoir travaillé avec un peu tout le monde, déjà toutes les filles citées plus haut pour lesquelles j’ai écris. On est peu dans le milieu donc j’ai plus ou moins travaillé de près ou de loin avec chacune d’entre elle, du moins j’en ai côtoyé pas mal. Et c’est aussi le but de Women Power, fédérer tous les talents féminins au sein d’un mouvement. En outre il y a une nouvelle génération qui émerge et j’observe je prendrai l’exemple de SLY’A.

WAZEMUSIC : Être une femme dans la musique est souvent compliqué comment arrives-tu à concilier cette passion et ta vie de mère ?

TINA : Ma vie de mère n’est pas difficile à gérer, j’étais déjà enceinte sur scène donc ma fille n’a connu que ça, mes déplacements, mes shows tardifs et je sais comment donner du temps à ma famille et avoir une vie de couple normale. J’ai pour avantage d’avoir pour compagnon (et père de ma fille) un artiste et beatmaker qui gère un studio ; on est sur la même longueur d’onde donc il n’y a pas de rivalité ni de jalousie entre nous.

WAZEMUSIC : « MERCI » c’est ton nouvel album, pourquoi ce titre et peux-tu nous en dire un peu plus sur le projet ?

TINA : «MERCI » est un album que je dédie à KRYSTAUF le producteur de NOFIA. Pour des raisons de santé, il a du suspendre son activité dans la production. Il fallait que je continue la musique et pour cela je me suis mis à mon propre compte en créant la structure ARTIFICES. Mais KRYSTAUF reste mon grand frère éternellement devant les Dieux et devant les hommes je lui dois énormément. Il reste par ailleurs mon manager et producteur. J’ai écris le titre éponyme de l’album à son honneur.

Il faut savoir que «MERCI » est mon quatrième album et je l’ai préparé pendant près de deux ans, j’ai hésité sur des sons, j’en ai effacé certains et recommencé d’autres. A l’époque de « Copier Coller » j’étais déjà sur ce projet dans lequel il y a trois collaborations (OZAVINO, WARREN JAZZ, YVICH) sur les titres et c’est SLAYER BEATZ qui a fait la grande partie des compositions sans oublier les touches de WARREN JAZZ, YVICH, LMCH, DANY SYNTHÉ, A2T et REY. L’album a été enregistré aux studios ARTISTIQ et TROMATIX, le mix et mastering sont l’œuvre d’OZAVINO.

WAZEMUSIC : Pour t’inspirer dans la préparation du projet qu’est-ce que tu écoutais souvent dans ton phone et c’est qui tes artistes de référence ?

TINA : Je ne peux pas vous dire actuellement si j’ai des artistes de référence mais à l’époque j’en avais pas mal en l’occurrence DIAM’S, MICHAEL JACKSON, ANNIE FLORE BATCHIELLILYS, DISIZ LA PESTE. Pour préparer cet album, j’ai écouté de la musique actuelle et pour ça je me suis mise dans une bulle en disant que ma musique doit évoluer. En somme, mon influence c’est un ensemble de sons et c’est tout ça qui fait de moi ce que je suis aujourd’hui.

WAZEMUSIC : L’album « MERCI » déjà sorti, qu’est-ce que tu nous réserves pour la suite ?

TINA : Pour la suite, je serais bientôt en mode promo de l’album avec la tournée des médias et des coins branchés de la capitale pour des show-cases, je mettrais en avant certains morceaux connus de l’album tout en faisant découvrir le reste des sons inédits. Les dates seront communiquées ultérieurement.

WAZEMUSIC : Quel est l’événement marquant de ta carrière ?

TINA : Il y en a eu tellement que je ne pourrais vous dire, mais celui qui me vient comme ça à l’esprit est sans doute ma première scène à Gabon Expo. C’était à l’époque, j’étais une parfaite inconnue et pendant le passage du crew du 241, les gars m’ont fait monté sur scène pendant leur intermède et j’ai fais mon show et là j’ai vu le public bouger et m’ovationner ; j’étais étonné que mon rap puisse plaire et ça m’a donné confiance pour la suite.

WAZEMUSIC : Diboty Tina, ton mot de fin ?

TINA : Ce n’est pas fini, en vérité je ne fais que commencer car à chaque album j’essaie de me renouveler et être quelqu’un d’autre et là c’est une TINA différente que vous aller certainement découvrir avec beaucoup de plaisir j’espère ou des regrets pour certains. En même temps je n’ai pas tellement changé, j’essaie de m’ouvrir et être plus artiste que rappeuse.

C’est aussi vous remercier car c’est bien ce que vous faite c’est toujours mieux d’aller vers la source de l’information pour éviter de propager des rumeurs ou avoir des conclusions hâtives. Je félicite votre dextérité au boulot et merci encore aux lecteurs, à toutes les personnes qui m’encouragent, qui croient en moi et qui me soutiennent au quotidien.

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Passionné de musique et de TIC, avant-gardiste dans la diffusion des contenus ; milite pour la musique urbaine gabonaise.

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