Trap Music : nouvelle tendance à la conquête de Gabao

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La Trap Music est un courant musical issu du dirty south. Révélé dans les années 2000 dans le Sud des États – Unis, ce courant musical a de nos jours pris une ampleur planétaire des USA en Europe en passant par l’Afrique. Les rappeurs francophones en général et gabonais en particulier ont adopté la Trap Music comme un style musical qui leur permet de mieux s’exprimer. Il est important de s’interroger sur les origines de ce style de musique et comment mieux l’adapter au contexte local.

 Origines et précurseurs de la trap music.

 Comme nous le disions dès le début, la trap music est un style de musique issu du dirty south qui a émergé dans les années 2000 au sud des États-Unis. Le mot  » trap » désigne à la base les lieux où s’opère le trafic de stupéfiant. Ainsi, les rappeurs dont les textes avaient pour sujet principal le trafic de drogue étaient tout simplement appelés  » rappeur trap ». Le mot « trap » au début des années 2000 n’était pas un style mais une référence réelle aux lieux de trafic de drogue et plus tard le mot « trap music » définissait la musique qui se faisait dans ces endroits.

Les rappeurs locaux comme UGK, ou Three 6 MAFIA sont les premiers à introduire la trap music. Leurs textes relatent la vie dans le ghetto et le trafic de drogue. Cependant c’est les rappeurs originaires du Sud ayant plus de notoriété comme T.I, Gucci Mane, Lil Scrappy ou encore Young Jeezy qui ont contribué à la popularité de ce genre musical à travers de nombreuses mixtapes.

En France, ce sont les rappeurs comme Gradur, Joke, Kaaris, Lacrim etc… qui ont œuvré pour la popularité de la trap. Comme ils l’en témoignent tous, la trap a apporté un nouveau souffle au rap français. Raison pour laquelle les rappeurs de renom en France comme Booba et Alonzo s’y sont mis. Les DJ ne sont pas en reste puisque Dj Snake est le plus connu de tous sur la scène musicale française.

Au Gabon, il est plus difficile de parler de précurseur de la trap music puisque rien ne justifie que tel rappeur fut le premier à l’adopter, néanmoins on peut citer quelques-uns qui font de la trap music une affaire sérieuse. Nous avons par exemple les groupes New Wave Gang avec les titres  » all black  » et « my nigga » dont les clips cartonnent sur la toile. 2FA2S – avec « ils nous en veulent : I.N.E.V. « , Money Impact sur le titre « Projet nocturne 2″. Les rappeurs solos ne sont pas en reste puisqu’il y a des rappeurs comme Adrenal’in avec  » c mabe » et « tombé pour elles », Obb-lixx  » tapah », Fang  » tu es encore mon weh « , Amenem  » je suis béni », Bak Attak avec le titre clippé « Aparparler », Sam NewKing, Buzzy Hood, Luidji, Seyze, Dikundu, Punesher, Doc Deezy Flow, Syanur, TXILVM (TLM), Lyriciste Premier et même les vétérans comme Baponga s’y intéressent aussi avec son single  » mbolo ata ». Nous avons enfin Styleï, avec « On vous bolai » ou « Ndjoka », qui a apporte une certaine fraicheur à ce style « Trap Gabz ». Les beatmakers locaux qui nous sortent de bons beats trap sont à féliciter. Nix n’est plus un exemple à citer parmi ces compositeurs, nous avons aussi Giskard16, Dr Dragon, Dj True, Frenchy Beat, Rick Beatz, Fritz et bien d’autres.

(Vous pouvez retrouvez certains de ces artistes sur la compile Gabonese trap Music disponible en téléchargement libre)

 Une nécessité de l’adapter à notre sauce.

Il est bien nécessaire d’adapter la trap à notre style local sinon nous n’auront fait qu’imiter les rappeurs français. La Trap se fait partout mais de manière différente. En Afrique de l’ouest par exemple, les rappeurs font de la trap dans leur langue vernaculaire ce qui rend originale ce style. Il y a d’autres qui rappent en français mais qui utilisent à 90% le jargon local c’est le cas des Kiff No Beat en côte d’Ivoire et Stanley Enow au Cameroun. Ces deux entités musicales sont sans doute les meilleures références en la matière en Afrique.

Nous avons su apprivoiser l’Afrobeat en créant la Ntcham et nous avons les atouts nécessaires à apprivoiser la Trap. Notre jargon est assez riche, le gabonais de la rue est très créatif alors les artistes doivent mettre en valeur cette créativité en l’utilisant dans leur musique. Certains comme Fang ont compris l’importance d’utiliser le jargon local dans leurs textes. D’autres comme Styleï mélangent un peu de l’argot et la langue vernaculaire et sa donne une bonne coloration à la chanson.

Les initiatives de certains rappeurs qui œuvrent pour la valorisation de leur langues vernaculaire sont louables et à encourager. Nous pensons ainsi aux rappeurs comme Ndo – Man où Lyriciste Premier qui nous avait sorti l’an dernier  » me ne ndeme » un son tendance trap music 100% en langue locale.  Il y a beaucoup qui vont maintenant dans ce sens et nous ne pouvons que les encourager cela contribue beaucoup à l’originalité de la musique de tout un chacun.

En définitive, la Trap Music est une tendance musicale actuelle que nos artistes doivent adopter et la modeler afin de lui donner une couleur locale. Nous pourrons ainsi avoir une musique Trap made in Gabon « Trap Gabz » avec des sons Trap qui reflètent la réalité, la créativité et l’originalité de nos artistes (Pourquoi parler de Lamborghini, Ferrari et liasses de billets alors qu’on n’a même pas une Carina et que l’on attend Sogatra avec les autres à Sainte Marie, sans compter que l’on paye le studio avec l’argent de la popote)… DJ, beatmakers, artistes et producteurs doivent dès lors travailler ensemble afin de nous sortir un style Trap unique que l’on trouvera nulle part ailleurs qu’au Gabon ainsi on pourra parler de Gabonese Trap Music.

CLIQUEZ-ICI POUR TÉLÉCHARGER GABONESE TRAP MUSIC »

 publié le 07/09/2015

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Passionné de musique et de TIC, avant-gardiste dans la diffusion des contenus ; milite pour la musique urbaine gabonaise.

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